Cour Criminelle spéciale de Libreville condamnant Noureddine, Sylvia Bongo et la young team ( Archives Gabon 24)
Libre-propos
Attaque rangée d’Ali Bongo contre le Dr Eddy Minang
Le ridicule ne tue pas
Quatre mois après la décision de la Cour criminelle Spéciale de Libreville,
condamnant Noureddine, Sylvia Bongo et la Young Team à des peines de
réclusion criminelle et à de lourdes amendes, Ali Bongo, avocats français et
compagnies viennent de sortir du bois, non pas pour attaquer le fond et la
forme des conclusions de la Cour, mais pour chercher les poux sur la tête
d’Eddy Minang, Avocat Général lors du procès.
Et ils le font, non pas devant les autorités judiciaires gabonaises, mais en saisissant les autorités académiques françaises, devant lesquelles, ils dénoncent « les principes rattachés au titre de Docteur en droit », titre attribué au Dr Eddy Minang, qui a défendu sa thèse devant un jury à l’Université Panthéon-Assas.
Le Ministère de l’Enseignement supérieur français saisi, devrait utiliser les voies de
droit, pour donner suite à cette requête, qui viserait le retrait du titre doctoral à
l’universitaire. Mais il y a là un risque majeur d’incident diplomatique, puisque,
croyant s’attaquer, en France, au fonctionnaire gabonais, le Gouvernement français remettrait en cause la souveraineté nationale et l’indépendance de la justice gabonaise. Parce que ce n’est le magistrat qui est visé dans le concept de « parodie de justice », mais bien les institutions de la République gabonaise.
Resituons les faits dans leur contexte : un procès a été instruit en audience public,
courant novembre 2025, par la Cour Criminelle Spéciale de Libreville. Noureddine et
Sylvia Bongo Ondimba, cités à la barre, n’ont pas répondu à la convocation de la
Cour et ont, par conséquent, été jugés par contumace, parce que absents. Ils ont
ainsi, librement, rejeté leur droit de se défendre à la barre. Ensuite, après le verdict les ayant condamnés à 20 ans de réclusion criminelle, à de lourdes amendes et à la restitution des fonds publics dilapidés, ils n’ont pas daigné se pourvoir en Cassation, attestant, par cela, qu’il n’y avait rien à redire quant au fond et à la forme du procès.
Plus tard, les membres de la Young-Team se sont constitués témoins à Charge d’Ali
Bongo, de Noureddine et de Sylvia, exposant le pillage du siècle des caisses
publiques, orchestré avec la bénédiction du président déchu. Là aussi, Ali Bongo et
les siens ont eu l’opportunité de se défendre et ne l’ont pas saisie.
Avec leurs avocats et les juristes et spécialistes dont ils ont requis les services, ils
n’ont trouver aucun moyen d’attaquer les décisions de justice rendues à Libreville,
même après quatre mois d’analyse du dossier. Alors, ils se sont « jurés » de faire la peau à Eddy Minang, Avocat Général représentant les intérêts de L’Etat et du peuple gabonais au cours du procès. Et ils évoquent, pour tenter de se dédouaner, les faits de « tortures, de séquestration et de violation des droits humains », qui n’étaient inscrits au procès, mais pour lesquels ils ont la latitude de saisir les juridictions gabonaises, dans le respect du principe de la territorialité.
Pour ce qui le concerne, Eddy Minang, fonctionnaire de l’Etat gabonais, agissait
comme tel lors du contentieux appelé à la barre. Il ne faisait donc pas en sa qualité de Docteur en Droit. S’il avait des comptes à rendre, c’est bien à l’Etat gabonais, qui l’a mandaté pour le défendre et non pas à une académie, fût-elle française, qui lui aurait décerné le titre doctoral. Cela s’appelle du chantage a posteriori.
La vraie question, dès lors, serait, l’Avocat Général Eddy Minang a-t-il valablement
représenté l’Etat et le peuple gabonais, lors de ce procès ?
La famille Ali Bongo en administre la preuve, puisqu’elle le désigne comme la bête
noire de leur imposture, bête noire que le titre de Docteur en Droit aurait dû faire
taire. Nous devrions dire que, par cette démarche, le président déchu espère, enfin,
toucher ses amis, qu’ils avait interpellés par son « Make noice », du bruit contre Eddy Minang ?.
A l’opposé de ce que croit susciter Ali Bongo, avec les réquisitoires du Dr Eddy
Minang, lors de ce procès, les Gabonais en sont plutôt sortis avec un regain de fierté.
A travers lui, ils ont retrouvé quelque peu de leur dignité, le compatriote ayant
démontré qu’il maîtrisait son sujet et qu’il s’exprimait en patriote. Si Ali Bongo est
d’un autre avis, c’est qu’il navigue à contre-courant du peuple gabonais, peuple dont il a, pendant 14 ans, prétendu défendre les idéaux.
Du reste, lorsque ses avocats parlent de « parodie de justice », ils occultent le fait
que l’Avocat Général, tout comme n’importe quel procureur de la République, n’est
que maître des poursuites. Il n’est pas magistrat du siège pour rendre des sentences.
Il faudrait s’attaquer à la Cour, qui a statué et, pourquoi pas, aux membres du jury, qui ont apprécié les arguments présentés par les différentes parties au procès.
Conclusion, Ali Bongo se trompe de cible. Il se comporte en ennemi du peuple
gabonais et des institutions qui le représentent. Saisir les autorités françaises pour
un conflit gabono-gabonais, en constitue la preuve. A moins que lui et les siens, à la vérité, ne se sentent pas Gabonais.
Fidèle Biteghe
Journaliste-écrivain
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