Alors que le projet de construction du Fly-Over au carrefour PK12 entre dans sa phase exécutoire, la Nouvelle Dynamique des Jeunes Travailleurs de la Rue (NDJTR) tire la sonnette d’alarme. Son Coordonnateur Général, Roméo Eyi Ntoutoume, plaide pour une implication directe des forces vives locales afin d’éviter une crise sociale majeure dans cette zone stratégique.
Le PK12 : Un poumon économique sous tension
Situé à la frontière entre les communes de Libreville et de Ntoum (3e arrondissement), le carrefour PK12 est bien plus qu’un simple axe routier : c’est la porte d’entrée principale de la capitale. La reconstruction de ce carrefour, bien que nécessaire au développement urbain, menace l’équilibre précaire de milliers de familles.
Selon un recensement rigoureux mené par la NDJTR — présente sur le site depuis plus de dix ans — le carrefour compte 1 056 commerçants actifs. Parmi eux, on dénombre :
- 721 Gabonais (dont une grande majorité de femmes âgées pour qui ce commerce est l’unique source de revenus) ;
- 335 commerçants issus de la sous-région (Cameroun, Bénin, Nigeria, Burkina Faso, Togo, Congo, Côte d’Ivoire).
« Toute interruption prolongée de leurs activités expose ces ménages à une précarité accrue », s’est inquiété Roméo Eyi Ntoutoume lors d’un entretien avec notre reporter.
L’échec du relogement : le cri du cœur des « vrais » déguerpis
Pour compenser l’impact du chantier, les autorités avaient annoncé le redéploiement des commerçants vers les marchés d’Oloumi (260 places) et du PK11 (environ 50 places). Cependant, la réalité du terrain est tout autre selon le responsable de la NDJTR : « Malheureusement, la majorité des bénéficiaires de ces places ne sont pas les véritables victimes du déguerpissement du PK12. » Cette situation laisse des centaines de commerçants sans solution de repli durable.
La NDJTR : du bénévolat à l’insertion professionnelle
L’organisation, composée notamment d’anciens repris de justice et de jeunes de la rue, a déjà prouvé son utilité publique. Entre le 24 et le 31 décembre dernier, ce sont ces jeunes bénévoles qui ont assuré le nettoyage intégral du site après les opérations de démolition, permettant aux riverains de passer les fêtes dans la salubrité.
Aujourd’hui, pour éviter que ces jeunes ne basculent dans l’oisiveté ou l’insécurité, la NDJTR propose aux promoteurs du projet Fly-Over un véritable plan de réinsertion :
- Main-d’œuvre locale : Embauche prioritaire sur le chantier pour les travaux non qualifiés.
- Maintenance du site : Participation aux opérations de nettoyage, de sécurisation et de gestion des flux autour du chantier.
- Services connexes : Gestion de points de restauration et de services logistiques pour les ouvriers.
Un enjeu de paix sociale
Pour l’heure, le projet peine à démarrer sa phase active. Les propositions de la NDJTR apparaissent comme une approche réaliste pour renforcer l’adhésion des populations au projet et garantir un climat social serein. Reste à savoir si les promoteurs et les autorités municipales sauront saisir cette main tendue pour faire du Fly-Over du PK12 un modèle de développement inclusif.
Rufin Martial Oke Nze
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