Le Bureau de l’Assemblée Nationale dirigé par Michel Régis Onanga Ndiaye, lors de la rentrée parlementaire de mars dernier à Libreville (archives).
Coup de théâtre au palais Léon Mba. Contre toute attente, les députés gabonais ont rejeté, vendredi 8 mai dernier, un projet de loi portant sur l’activité de crédit au sein des banques et des institutions de microfinance du pays.
Pourtant issus majoritairement du camp du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les parlementaires ont opposé une fin de recevoir à ce texte qui visait à renforcer le cadre juridique des établissements financiers.
Les élus ont renvoyé le ministre de l’Économie, Thierry Minko, à ses copies. Ils exigent une harmonisation stricte des dispositions du projet avec les normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et celles de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
Ce rejet démontre que l’Assemblée nationale, bien que dominée par l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), ne souhaite pas agir en simple « chambre d’enregistrement ». Ce vote affirme la volonté du Parlement de s’ériger en espace démocratique privilégiant l’intérêt supérieur de la nation et la rigueur juridique.
C’est le second revers politique d’envergure orchestré par les élus de l’UDB en peu de temps. En avril dernier, le maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughe, avait lui aussi été mis en minorité par les conseillers municipaux de son propre bord lors du vote du budget. Un désaveu historique qui l’avait poussé à la démission le 23 avril 2026.
Rufin Martial Oke Nze
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