La Directrice Générale du Musée national du Gabon, Julie Eléonore Nzang Obame
Depuis le lundi 1er juin, le Musée national des Arts, Rites et Traditions du Gabon bat au rythme de sa 3e édition des journées portes ouvertes. Entre gastronomie traditionnelle, art oratoire et mise en valeur du masque sacré « Mukudji », l’institution jette un pont entre passé et modernité, malgré une affluence encore timide.
Redécouvrir l’âme culturelle du Gabon au cœur de la capitale. C’est l’ambition affichée par la direction générale du Musée national des Arts, Rites et Traditions du Gabon, qui organise depuis le lundi 1er juin sa 3e édition des journées portes ouvertes à son siège du centre-ville de Libreville. Jusqu’au samedi 6 juin, cet événement propose un voyage immersif à travers les us et coutumes du pays, articulé cette année autour du thème de la transmission et du rassemblement.
La gastronomie et le slam à l’honneur
La journée du mercredi 3 juin a été le point d’orgue de cette célébration culturelle, mettant en lumière la richesse anthropologique des communautés Fang et Kota. Les visiteurs ont pu découvrir les subtilités de leur art culinaire, notamment le travail minutieux et les variantes de préparation des feuilles de manioc, un aliment de base revisité ici comme un véritable marqueur identitaire.
L’après-midi a laissé place à l’expression de la jeunesse gabonaise avec un concours de slam particulièrement vibrant. Les candidats ont rivalisé de créativité pour déclamer leur amour de la culture locale, prouvant que la tradition sait aussi s’approprier les codes urbains modernes. Ce moment de poésie urbaine a été immédiatement suivi par le vernissage d’une exposition artistique inédite.
Le masque « Mukudji », star de la 3e édition
Si ces moments ont été qualifiés de « forts et inédits » par la directrice générale du Musée national, Julie Eléonore Nzang Obame, cette dernière n’a pas caché une certaine amertume face au manque d’engouement du public. Un regret d’autant plus vif que l’institution a déployé des trésors rarement exposés, à l’instar du masque Mukudji, la grande attraction de cette année.
« L’innovation de cette 3e édition est la présentation d’un nouveau masque. L’année dernière, l’accent était mis sur les masques fang Ngontang et Okoukoué. Cette année, c’est le masque Mukudji, avec ses scarifications caractéristiques du Sud-Gabon, qui est mis en avant pour mieux revaloriser notre patrimoine culturel », a-t-elle expliqué, rappelant l’importance de ce masque lié aux cérémonies de réjouissance et au culte des ancêtres chez les peuples du Sud.
Un programme riche jusqu’à samedi
Les festivités sont loin d’être terminées. Le programme se poursuit ce jeudi avec la représentation d’une pièce de théâtre axée sur l’histoire du pays. Le vendredi 5 juin sera une autre journée majeure, rythmée par une grande conférence-débat sur les défis de la conservation des œuvres d’art au Gabon, ainsi que par la prestation de la troupe de danse folklorique fang Mégane.
Pour la direction du musée, l’enjeu reste d’attirer les populations locales et la jeunesse dans les différents stands aménagés pour l’occasion. Pour rappel, ces journées portes ouvertes s’inscrivent dans le prolongement de la célébration en différé de la Journée internationale des musées (célébrée mondialement le 18 mai). Elles rappellent l’urgence pour chaque Gabonais de se réapproprier une histoire et des traditions en perpétuelle mutation.
Rufin Martial Oke Nze
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