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CEP au Gabon : le coût polémique des frais d’examen pour les candidats expatriés

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Les élèves de 5ème année du primaire ont débuté ce mardi 16 juin,  les épreuves du Certificat d’études primaires (CEP) sur l’ensemble du territoire national. Si l’effervescence des examens gagne les foyers, une vive polémique enfle en coulisses : le montant des droits d’inscription imposés aux candidats expatriés, jugé disproportionné par rapport aux standards de la sous-région.

Une fiscalité éducative à deux vitesses

Au Gabon, l’accès aux examens officiels répond à une tarification stricte qui différencie les nationaux des communautés étrangères. Selon la Direction Générale des Concours et Examens (DGCE), la grille tarifaire est claire : les candidats libres non Gabonais, s’ils sont scolarisés dans le système public ou privé, doivent s’acquitter de la somme de 10 000 FCFA. Ce montant double pour atteindre 20 000 FCFA lorsqu’il s’agit d’un candidat libre expatrié non scolarisé.

Cette différenciation tarifaire suscite l’incompréhension des familles étrangères, d’autant que la comparaison avec les pays voisins de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) met en lumière un fossé vertigineux. Au Cameroun, les droits d’inscription au CEP s’élèvent uniformément à 6 000 FCFA pour tous. Au Congo-Brazzaville, l’effort demandé aux familles n’est que de 2 000 FCFA par candidat. Une telle asymétrie financière fragilise de nombreux ménages expatriés, souvent installés de longue date et aux revenus modestes.

Le mirage de l’école primaire universelle et gratuite

Cette réalité de terrain entre en contradiction directe avec les directives des grandes institutions internationales. Depuis plus de deux décennies, la Banque mondiale place la scolarisation primaire universelle au cœur de ses priorités de développement. L’institution de Washington incite fortement les gouvernements africains à abolir l’intégralité des barrières financières à l’école primaire. L’objectif est double : garantir un accès équitable à l’éducation, sans distinction de condition sociale ni de nationalité, au sein d’un monde globalisé.

Pourtant, le constat dressé par la recherche universitaire reste amer. Dès 2004, des études approfondies sur les coûts cachés de l’éducation en Afrique mettaient en garde contre la multiplication des frais annexes. Pour qu’un enfant accède à un enseignement public, les familles doivent budgétiser l’achat ou la location de manuels, les uniformes obligatoires, les cotisations des Associations de parents d’élèves (APE) et les frais d’examens. Pour un parent d’élève expatrié, ces charges financières se transforment souvent en un véritable parcours du combattant.

Vers une suppression du CEP ?

Pour certains spécialistes du système éducatif, le maintien de ces frais est un mal nécessaire pour garantir la crédibilité logistique et matérielle des examens. Une suppression totale sans compensation budgétaire de l’État pourrait détruire la qualité de l’organisation. Pour d’autres, la solution réside dans des réformes plus radicales : aligner les tarifs sur la sous-région, instaurer des exonérations pour les revenus faibles, ou tout simplement supprimer le CEP au profit d’un passage automatique validé par le contrôle continu. Cette dernière option mettrait définitivement un terme aux discriminations financières entre élèves nationaux et étrangers.

Ce débat crucial ne devrait pas rester sans réponse. Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, vient d’annoncer devant les parlementaires des deux chambres la tenue prochaine des États généraux de l’éducation d’ici la fin de l’année. La tarification des examens et l’harmonisation de notre système éducatif avec les ambitions d’intégration sous-régionale figureront à coup sûr au centre des discussions.

Rufin Martial Oke Nze

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