Les organisations professionnelles des médias du Gabon, ont tenu une journée de réflexion sur la viabilité économique hier à Libreville. Ci-dessous, l’intégralité de leur déclaration devant la presse nationale et internationale :
Déclaration des organisations professionnelles des médias du Gabon
A l’ère du numérique et des mutations globales, l’accès à une information libre, plurielle et crédible est le pilier invisible mais indispensable de la démocratie et du développement inclusif du Gabon. Les médias ne sont pas de simples canaux de diffusion. Ils sont le miroir de notre société, les gardiens de l’intérêt public et des acteurs économiques à part entière.
Pourtant l’écosystème médiatique Gabonais traverse aujourd’hui une crise structurelle profonde qui menace sa survie même. La rareté des ressources publicitaires, l’étroitesse du marché local, l’impact de la gratuité numérique et la faiblesse des mécanismes d’aide publique étranglent les entreprises de presse, qu’elles soient audiovisuelles, écrites ou en ligne.
Un média asphyxié financièrement est un média fragilisé dans son indépendance. Lorsque la viabilité économique fait défaut, c’est la qualité de l’information qui recule, la précarité des professionnels du secteur qui grandit, et le droit constitutionnel des citoyens Gabonais à l’information qui est directement compromis.
Réunis au sein d’un collectif uni et responsable, les organisations professionnelles des médias du Gabon lancent un appel solennel aux pouvoirs publics, aux partenaires au développement, aux partenaires économiques et à la société civile. Assurer la viabilité économique des médias n’est pas une demande de privilèges. C’est un investissement stratégique pour la stabilité, la transparence et le rayonnement de notre nation.
Le présent plaidoyer pose le diagnostic sans complaisance de notre secteur et formule des propositions concrètes, réalistes et urgentes pour bâtir u nouveau modèle économique de la presse au Gabon.
Considérant que la déclaration de Winddhoek consacre la viabilité des médias comme un pilier essentiel à la liberté de la presse.
Considérant que la constitution Gabonaise consacre le droit du citoyen à l’information ;
Considérant que les principales fonctions des médias comprennent l’information, l’éducation, le contrôle et la redevabilité, le débat public et le lien de communication entre gouvernant set gouvernés ;
Considérant que l’indépendance des médias est indissociable de sa santé financière ;
Nous, organisations professionnelles des médias privés du Gabon recommandons :
-La revalorisation substantielle de l’aide publique aux médias privés initialement à 500 millions depuis 2003
-Une recompensation numérique via un prélèvement sur les opérateurs mobiles seuls bénéficiaires de la lecture gratuite des médias sur les réseaux sociaux
-Un régime fiscal spécifique des médias
-Une accréditation harmonieuse et non discrétionnaire des journalistes auprès des institutions du pays
-La revalorisation de la carte de presse professionnelle et les droits de son porteur.
Fait à Libreville, le 02 juillet 2026
Le Collectif des Organisations Professionnelles des médias
-OPAM (Organisation Patronale des Médias)
-RENAJI (Réseau National des Journalistes Indépendants)
-CPPPL (Cercle des Patrons de Presse Privée Libre)
-UPPIG ( Union des Patrons de Presse Indépendants du Gabon)
-AMP ( Associations des Médias pour la Paix)
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