Évangile selon saint Jean 12, 24-26
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Prière
« Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité. (…) Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu’il veut, il le fait. Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles. » (Ps 113B, 1.3-8)
Demande
Donne-moi, Seigneur Jésus, un amour ardent du Père et de tout ce qu’il aime, afin que je me consume avec toi, dans le Saint-Esprit, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Réflexion
- Nous célébrons aujourd’hui la vertu héroïque du diacre saint Laurent et la gloire de Dieu manifestée en lui. Il a entièrement donné sa vie à la suite du Christ et au service de l’Église de Rome. Notamment, il s’est occupé des pauvres, véritable trésor de l’Église et, par amour, il a livré son corps aux supplices imposés par la condamnation. Il fut mis à mort par le feu. Quelle admirable œuvre de la grâce ! Sa vie n’est-elle pas, tout entière, un reflet de la magnificence de Dieu ?
On serait cependant tenté de s’arrêter à l’emballage temporel de la vie et des péripéties de ce saint et d’oublier la source et la fin de son martyrion (témoignage) : l’œuvre de rédemption accomplie par le Christ. La seule admiration de la carcasse humaine (sa story), aussi louable soit-elle, se perdrait alors comme la paille balayée par le vent, et virerait à l’idolâtrie. Nous voulons ici considérer le grain de blé : la compassion qui a conduit le Père à offrir son Fils à la malice de notre péché, pour en défaire la forteresse. - Notre exercice, notre prière, s’ouvre à la voie de la grâce, l’œuvre gratuite de Dieu. Le grain fécond, qui meurt, se voit éclore en germe et prolonger les pousses au-dessus de la terre, est destiné à produire des fruits en abondance. Ce dynamisme serait-il pensable s’il n’y avait pas ce travail et en-dessous de la terre, les racines poussant vers les profondeurs de l’Esprit, principe et fin de toute la création ?
Et cette vitalité naît et se réalise dans le dialogue intime avec Jésus-Christ. Sa parole, l’Évangile que nous venons de lire, n’est pas un texte de littérature de l’antiquité, mais une parole vivante qu’il nous adresse aujourd’hui. Alors que l’on ne dise pas qu’il ne nous parle pas, que nous ne pouvons pas l’entendre… Et de ma vie, quelle réponse vais-je donner ? - « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. »
Ici, le Christ énonce concrètement un itinéraire spirituel. C’est l’attitude d’une âme illuminée par la foi théologale et mue par les vertus qu’elle entraîne, pour se traduire en actions concrètes : servir tout en renonçant à ses propres ambitions. Il faut « réfléchir avant d’agir », pour ne pas supplanter la grâce. Réfléchir la lumière de Dieu, non sa propre lumière.
Et c’est précisément ici que la relation avec le Christ devient vivante : « là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur » et « mon Père l’honorera ». Cette intimité d’âme avec le Christ donne la liberté par rapport aux attachements de la vie temporelle : « qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». L’amitié, expression concrète de l’amour, est le plus grand trésor et il n’a pas de fin : il est éternel. Le confort et l’insouciance sont éphémères, les talents et les compétences passeront. « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13)
Dialogue avec le Christ
Jésus-Christ, Maître et Ami, divin Époux de notre Église, par toi, louange et gloire au Père, avec toi et en toi, communion du Saint-Esprit qui nous fait renaître fils et filles du Père. Bon Pasteur, je veux te suivre et te servir, là où tu m’appelles, pour passer dès à présent de la temporalité à l’éternité, sans regarder en arrière dans la mort.
Résolution
Aujourd’hui, je veux être généreux avec mon temps : en famille, au travail, dans le voisinage. Un service, une écoute, une attention…
Père Jaroslav de Lobkowicz, LC
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