Le bras de fer s’intensifie entre les autorités gabonaises et les leaders religieux. Le collectif des pasteurs de l’Église évangélique du Gabon (EEG) vient de lever le ton de manière véhémente contre la tutelle. En cause : l’arrêté du ministère de l’Intérieur suspendant à titre conservatoire l’équipe dirigeante élue lors du synode national, qui s’est tenue du 3 au 9 août dernier à Okala, dans le nord de Libreville.
Pour les contestataires, cette immixtion des pouvoirs publics bafoue les fondements mêmes de la laïcité et l’indépendance des communautés religieuses en République gabonaise. L’opposition des leaders de l’Église évangélique du Gabon (EEG) face à la décision d’Adrien Nguema Mba, le ministre de l’Intérieur, est totale.
Les membres du collectif qualifient cette mesure conservatoire d’entorse constitutionnelle majeure. Ils y voient une intrusion illégitime dans la conduite des affaires intérieures d’une institution religieuse historique. Dans une mise au point officielle, faisant office de droit de réponse aux récentes sorties du ministère, la communauté ecclésiastique rappelle la nature historiquement pacifique et respectueuse de ses relations avec l’État. Elle insiste sur le fait que la neutralité de l’administration publique face aux affaires des cultes reste une règle d’or.
Selon eux, l’annulation ou la suspension des instances votées démocratiquement selon les textes de l’Église ne repose sur aucun fondement légal valable, et paralyse le fonctionnement interne de la communauté. Le collectif sollicite désormais l’arbitrage du président de la République pour ramener la sérénité dans les rangs de l’EEG, qui se retrouve aujourd’hui avec deux présidents.
Fondée en 1842, l’Église évangélique du Gabon compte à ce jour moins de 50 000 fidèles sur toute l’étendue du territoire. Une dégringolade consécutive aux multiples crises internes liées au renouvellement des instances dirigeantes. Blessés par ces tensions, de nombreux fidèles rallient souvent les Églises soeurs locales entre autres, catholique et pentecôtistes.Un nouveau départ massif des fidèles vers d’autres confessions chrétiennes qui pourrait fragiliser davantage la plus vieille église du Gabon. Jésus Christ ne dit-il pas que « l’Amour pardonne tout » 1corinthiens 13.
Rufin Martial Oke Nze
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