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Marché de Montbouët : les commerçantes de viande de brousse, menacées de déguerpissement, interpellent Oligui Nguema

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Les commerçantes de viande de brousse de Montbouët en appellent directement à l’arbitrage du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour annuler leur déguerpissement en cette période difficile de rentrée scolaire.

Les commerçantes de viande de brousse du marché de Montbouët expriment leur vive colère depuis ce jeudi 08 octobre 2026 face à la menace de déguerpissement brandie par la Mairie de Libreville. Majoritairement gabonaises, ces dernières interpellent directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il plaide en leur faveur en cette période particulièrement délicate de rentrée des classes.

« Conformément aux orientations des hautes autorités en matière de protection de la santé publique, le maire de la commune de Libreville informe les commerçants et les opérateurs du marché de Montbouët que la découpe et la commercialisation des viandes de brousse et de volaille y sont interdites. À cet effet, les commerçants concernés sont invités à libérer les lieux au plus tard le 5 octobre 2026 », indique le communiqué du 1er octobre 2026 signé par l’édile de Libreville, Eugène Mba.

Le document officiel précise également : « Soucieux de préserver les activités et les revenus des commerçants de viande de brousse, un site de relogement plus approprié est prévu au marché Général André Nzong de Mindoubé. Par ailleurs, les vendeurs de volailles sont invités à s’organiser afin d’intégrer des fermes d’élevage plus adaptées à l’exercice de cette activité. »

Un bras de fer socio-économique

Mais là où le bât blesse, c’est que le site querellé ne se trouve ni en bordure de route, ni dans une zone insalubre qui justifierait un déguerpissement illico presto. Mieux encore, la quarantaine de commerçantes qui y exercent depuis dix ans sont toutes des Gabonaises ayant à leur charge de nombreux enfants. De plus, la mise en demeure, qui vient d’expirer, intervient en pleine rentrée scolaire.

Sommées de quitter les lieux — un espace qui leur avait pourtant été attribué par un bienfaiteur — sans bénéficier de la moindre indemnisation pour leurs marchandises à l’instar de leurs consœurs du rond-point du PK12, ces mères de famille appellent le chef de l’État à l’aide. Elles souhaitent mettre un terme à ce qui s’apparente, selon elles, à des tractations douteuses entre la municipalité et des opérateurs économiques étrangers.

« Après nos enquêtes, ce sont des opérateurs syro-libanais qui sont derrière cette menace de déguerpissement, de connivence avec le deuxième maire adjoint de Libreville. Ils prétextent vouloir construire des bâtiments administratifs, alors que ce site est occupé par des Gabonaises de père et de mère depuis plusieurs années. Ce terrain n’est pas la propriété de la mairie. C’est un bienfaiteur, en collaboration avec Mme Aminata Ndzomba, qui nous l’a cédé il y a une dizaine d’années pour éviter que les commerçantes du secteur de la viande de brousse ne vendent à la sauvette dans les rues », a martelé Meye Youssouf, secrétaire général du Syndicat national des commerçants de l’Estuaire (SYNACEST).

Soupçons de sabotage politique

Le leader syndical estime par ailleurs que certains collaborateurs du président de la République sabotent ses actions sur le terrain pour inciter les populations au soulèvement : « Nous demandons au président de la République d’être très vigilant. Nous sommes avec vous, mais tous ces collaborateurs qui vous entourent cherchent à vous déstabiliser au vu de ce qu’ils orchestrent un peu partout sur le terrain. On a l’impression qu’ils préparent une insurrection contre vous », a-t-il déploré.

Brigitte Obone, responsable du secteur gibier au marché de Montbouët, abonde dans le même sens : « C’est un opérateur économique, Habib Sylla, qui a aménagé ce site pour nous avec Mme Aminata Ndzomba, après avoir obtenu la bénédiction des autorités municipales de l’époque. Aujourd’hui, nous sommes harcelées par notre voisin, M. Katibi, qui souhaiterait s’accaparer l’espace en complicité avec certains responsables de la mairie. Pourtant, nous ne dérangeons personne. Nous demandons au président de nous venir en aide. En votant pour lui, nous pensions que les vieilles pratiques étaient révolues. Malheureusement, force est de constater que les dérives décriées hier reviennent en force. »

Déterminées à faire entendre leur voix, ces commerçantes envisagent d’organiser un sit-in dès demain devant l’hôtel de ville de Libreville pour contester officiellement cette mesure d’expulsion.

Rufin Martial Oke Nze

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