La lutte contre l’insalubrité en zone urbaine mérite une attention particulière et urgente au Gabon sous la Vème République.
Suite à l’incivisme criard des populations dans la lutte contre l’insalubrité en générale, et des toilettes en particulier depuis des décennies, dans les différentes villes du pays, l’Association Djondo Clean de Dame Zang Eugénie, interpelle les plus hautes autorités en charge de ces questions à la tenue urgente des états généraux de l’insalubrité au Gabon.
Ci-dessous, l’intégralité de sa tribune libre
Les Toilettes : Espaces de Paix et de Progrès et de développement
Mes chers compatriotes.
Nous sommes tous concernés. Nous sommes tous victimes de notre égo.
Et si le développement ne commençait pas dans les grands discours, mais là où nous sommes les plus vulnérables, les plus intimes ? Dans nos toilettes ?
Nous utilisons tous les toilettes, mais nous y pensons rarement.
Et si nous vous disions qu’elles sont le reflet le plus intime et le plus secret de notre capacité à vivre ensemble ? Et si les toilettes révélaient, tout simplement, notre rapport profond avec l’autre ?
Nous les voyons comme nos possessions exclusives. Un endroit à soi, un espace personnel. Nous y entrons et nous nous disons instinctivement : « Ceci est mon territoire ».
Un territoire, c’est quoi ?
Un territoire, c’est bien plus qu’un simple espace. C’est une bulle de sécurité, notre zone d’influence et de pouvoir. C’est le prolongement de notre corps et de notre esprit. C’est le lieu où nous sommes à l’aise, où nous nous sentons maîtres de nous-mêmes.
Cependant, ce territoire est souvent influencé par notre instinct animal. Tout comme les animaux défendent leur territoire dans la nature, nous avons parfois tendance à adopter des comportements agressifs ou compétitifs pour protéger notre espace, que ce soit dans nos interactions quotidiennes ou dans notre rapport à des lieux partagés comme les toilettes.
C’est pourquoi les toilettes sont d’un tel enjeu. C’est un territoire par essence partagé. Mais, au lieu d’en faire un lieu de respect mutuel, nous en faisons souvent le prolongement de notre égoïsme et de notre manque de respect envers nous-mêmes.
Un espace privé, un lieu où se révèle notre égo surdimensionné, une zone de conflit, de condescendance. Et c’est là que le conflit commence.
La Règle, Fondement du Développement
Un territoire est un espace balisé, protégé, défendu, et aussi combattu. Nous le voyons avec nos frontières terrestres, aériennes, maritimes. On n’y entre qu’avec une autorisation, qu’avec un accord. Mais lorsque cet accord est donné, celui qui entre est accueilli à bras ouverts, on lui fait de la place pour utiliser notre territoire.
Comme les animaux avec qui nous partageons le règne et qui sont restés en forêt, nous marquons nos territoires et nos espaces de vie. Comme les animaux, nous disséminons nos déchets sur la terre, sous la terre, dans les océans, dans l’espace. Et la nature, dans sa résilience, les absorbe et les transforme. Lavoisier le disait si bien : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
Comme les animaux, notre inconscient collectif a gardé le marquage et la protection de notre territoire par nos déjections. Notre évolution et notre civilité nous ont permis des réalisations incroyables. Nous avons marché sur la Lune, Voyager 2 est encore en orbite depuis 48 ans. Mais hélas, le partage des toilettes, ce territoire intime, ne suit pas.
Une Réalité Nationale
Cette lutte entre notre nature animale et notre civisme est visible partout, mais elle prend un relief particulier chez nous, au Gabon. Le cas n’est pas unique, et la journée mondiale des toilettes est là pour nous le rappeler. Si certains pays s’en sortent, mon PAYS, mon AMOUR, mon GABON, lui, a pris énormément de retard. Il n’est jamais trop tard pour conjurer le sort. L’échéance de 2030, date butoir des Objectifs de Développement Durable 3 et 6 auxquels le Gabon a souscrit et qui figurent désormais dans notre Constitution, nous y oblige.
Oui, nos comportements face à la propreté de nos toilettes, l’insuffisance, voire l’absence de ces infrastructures, normalisent l’insalubrité. Et l’insalubrité est un signe de régression ou de maintien de notre animalité. Et si ce n’était pas un problème d’infrastructures, mais plutôt une combinaison de cela avec nos comportements ? Comment comprendre cette acceptation tacite de macérer dans l’insalubrité que nous mettons nous-mêmes en place ? Des toilettes sales, impraticables dans le temple du savoir, qui donnent une lecture erronée du civisme à l’innocence de nos enfants, futurs citoyens en construction. Des administrations et des hôpitaux ne sont pas en reste et se trouvent dans le même état. La défécation à l’air libre est devenue une triste réalité, même la nourriture que nous consommons est vendue à même le sol…
Comment changer ? Comment nous améliorer ?
Le Choix et l’Action
L’association Djondo Clean interpelle et sensibilise et prône les états généraux de l’insalubrité au Gabon. Cela montre que la solution ne se trouve pas uniquement dans la répression, mais dans la collaboration.
Nous sommes tous concernés. Nous sommes tous impactés. Nous sommes tous impliqués. Nous sommes tous et chacun à son niveau un COLIBRI, comme nous le rappelait l’ONU en 2023 pour la journée mondiale des toilettes, dont le thème était : « Accélérez le changement… les toilettes sont petites mais puissantes. »
Eugène Poubelle est à l’origine des poubelles telles que nous les connaissons. Un autre est à l’origine de ce puissant mécanisme des WC, un autre encore de l’assainissement. Ce sont des partages de leurs connaissances.
Alors partageons nous aussi la propreté de nos toilettes. La solution ne se trouve pas uniquement dans la répression, mais dans la collaboration. Eteignons l’incendie des toilettes. Il manque un geste, le tien.
“Des toilettes propres sont essentielles pour prévenir l’insalubrité.”
LAISSE PROPRE… TOI AUSSI.
Association DJONDO CLEAN de promotion et de maintien des toilettes propres et de l’assainissement.
Tel : 066633147, Montagne Sainte, Libreville.
La Présidente, Eugénie ZANG.
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