Au dernier jour de son voyage apostolique, le Pape Léon XIV a participé à une rencontre interreligieuse organisée à Metz, en France, ce 28 septembre 2026. Dans son discours, il a appelé les représentants des différentes traditions religieuses à faire du dialogue un chemin d’amitié, de paix et de fraternité, dénonçant toute instrumentalisation du nom de Dieu pour justifier la violence et l’oppression. Le Pape a invité les religions à protéger la dignité humaine et à être au service de la vie.
Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican
Quarante ans après l’Appel d’Assise ou «l’Esprit d’Assise» initié par le Pape Jean-Paul II le 27 septembre 1986, pour prier et œuvrer pour la paix, les responsables religieux se sont à nouveau réunis en France pour dialoguer et travailler pour l’avènement de la paix. S’adressant aux représentants des différentes traditions religieuses réunis au Centre des congrès Robert Schuman, Léon XIV a souligné la portée symbolique de cette rencontre «à Metz, ville de frontières et de passages». Il a évoqué la figure de Robert Schuman, qu’il a présenté comme un « homme de foi et de convictions qui a su transformer les anciennes lignes de fracture en ponts d’espérance pour toute l’Europe, et qui est devenu un véritable ambassadeur de l’unité dans la diversité ».
Pour le Pape, cette expérience peut inspirer aujourd’hui la responsabilité des croyants. «Notre responsabilité commune de femmes et d’hommes religieux est de témoigner que, au-delà des frontières, il est toujours possible de se rencontrer, d’établir l’amitié et de bâtir la paix», a-t-il affirmé.
Le dialogue, « un art de la rencontre »
Léon XIV a ensuite insisté sur la nécessité du dialogue interreligieux. Celui-ci, a-t-il expliqué, ne signifie pas renoncer à son identité, mais nous permet, au contraire, de l’exprimer «avec simplicité et vérité en nous ouvrant à la différence de l’autre».
Citant le Pape François, il a rappelé que «le dialogue entre personnes de religions différentes ne se réalise pas par simple diplomatie, amabilité ou tolérance… II s’agit d’établir l’amitié, la paix». S’appuyant également sur Jean-Paul II et sur le philosophe Paul Ricœur, le Saint-Père a présenté le dialogue « comme une exigence intrinsèque de la nature même de l’homme ». Et ajoute-il, «le dialogue, selon Paul Ricœur, est le chemin par lequel nous reconnaissons l’altérité comme une promesse et non comme une menace; il est un art de la rencontre dont notre monde a grand besoin, aux antipodes de l’agressivité et de la violence».
“En effet, invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression est une profanation de ce nom. Rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d’une authentique inspiration divine.”
C’est avec ces mots que le Souverain pontife a adressé un avertissement clair concernant l’usage du religieux pour justifier la violence dans un monde marqué par les conflits et le mépris des plus fragiles. Le Pape a donc appelé les responsables religieux à une responsabilité particulière : «Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les cœurs et les mots. Cela engage la responsabilité directe de chacun de nous, en tant que gardiens de nos traditions respectives ». Pour cela, chacun doit contribuer à faire du dialogue un instrument de paix.
Les religions au service de la vie, de la paix et de l’espérance
Léon XIV a également mis en avant une autre dimension essentielle de la mission des traditions religieuses: la protection et l’accompagnement de la vie, en particulier des personnes vulnérables.
“Les religions sont gardiennes de la vie : elles en affirment la valeur sacrée. Leur fécondité se démontre dans leur présence aimante auprès des personnes les plus vulnérables et les plus fragiles.”
Le Pape a invité à comprendre le service de la vie comme une présence concrète, faite de soins, d’attention et de tendresse, notamment « dans l’épreuve, jusqu’au bout». Il a également insisté sur la responsabilité particulière de ceux qui sont ouverts à la transcendance envers les jeunes, auxquels il faut offrir « des repères solides, (…) pour construire une communion qui respecte et valorise la dignité de toute personne humaine ».
Léon XIV a conclu en rappelant que «l’Église considère comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité, la bonté, la beauté», remerciant les représentants religieux pour leur présence et leur proximité. «Puissions-nous être, là où nous vivons, des artisans de paix et des témoins d’une espérance qui ne cesse de grandir dans notre monde», a-t-il lancé, avant de donner sa bénédiction.
Source: Vatican News
Leave a comment