Le Centre national de santé mentale devrait subir une cure de jouvence dans les prochains jours afin d’améliorer la prise en charge des malades. C’est l’une des principales décisions issues du Conseil des ministres tenu hier à Libreville.
Selon le communiqué final issu des travaux, ce Centre, dont la capacité est limitée à quatre-vingt-sept (87) lits, est aujourd’hui saturé. Cette situation s’explique par la hausse des troubles mentaux, notamment chez les personnes en situation d’errance à Libreville. L’établissement souffre également de la vétusté de ses infrastructures, ainsi que d’un manque criant de personnel, d’équipements et de médicaments.
Sur six (6) mois, le plan gouvernemental prévoit la réhabilitation du Centre, le renforcement de ses moyens humains et matériels, ainsi que la sécurisation des patients et du personnel. À plus long terme, le projet annonce la construction d’un hôpital psychiatrique à Port-Gentil et de centres provinciaux de santé mentale. Une commission interministérielle ad hoc en assurera la coordination. Le coût provisoire de ce plan est estimé à un milliard six cent cinq millions (1 605 000 000) de francs CFA.
Toutefois, le Conseil des ministres n’a pas précisé le calendrier d’exécution de ces mesures, plongeant les populations dans le doute. Pourtant, le sort de ces pères et mères de famille, qui errent aujourd’hui dans les rues de Libreville et de l’intérieur du pays, devient de plus en plus inquiétant, particulièrement en cette période de saison des pluies. Face à ce drame humanitaire, quel est le rôle des associations et des organismes de défense des droits de l’homme en République gabonaise ? À ce jour, la prise en charge optimale de cette frange de la population reste le maillon faible des nouvelles autorités.
Il reste à espérer que ces décisions ne soient pas de simples effets d’annonce destinés à se donner bonne conscience. Ces compatriotes malades devraient jouir des mêmes droits que les autres Gabonais, à moins que l’État de droit n’ait déjà déserté la Vème République.
Rufin Martial Oke Nze
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