L’élève suicidaire, Steeven Mombo, de son vivant sur le toit de la passerelle du Lycée National Léon Mba, 09 Mars 2026 à Libreville.@D.R
La communauté éducative Gabonaise est sous le choc depuis hier à la suite d’un suicide spectaculaire d’un élève de 1ère scientifique du Lycée National Léon Mba, par saut dans le vide sur le toit d’une passerelle à la suite d’un conseil de discipline, l’accusant d’être à la tête d’un réseau de vente des stupéfiants à l’enceinte de l’établissement.
Le drame du suicide spectaculaire de l’élève, Steeven Mombo, de la 1ère scientifique, la vingtaine révolue sur le toit d’ une passerelle jouxtant le Lycée National Léon Mba, hier midi, en présence de sa mère et certains de ses condisciples de classe continue d’alimenter la polémique à Libreville et sur les réseaux sociaux à la suite d’un conseil de discipline de l’établissement, l’accusant d’avoir été pris la main dans le sac avec une quantité des stupéfiants et susceptible d’être arrêté par la police scolaire.
Un décès inopiné d’un adolescent qui relance le débat de la forte consommation et circulation des stupéfiants en milieu scolaire et dans le Grand Libreville avec son lot de violences récurrentes et de deuil sans que la tendance ne soit véritablement inversée sur le terrain.
“205 millions de personnes consomment des drogues illicites et quelques 25 millions sont dépendantes. C’est près d’un demi-million de vies qui sont perdues à cause des overdoses et des maladies liées à l’usage de drogues.
Les troubles liés à la consommation des drogues sont associés à un risque accru de survenue d’autres problèmes de santé comme le Vih/Sida, l’Hépatite, la Tuberculose, les troubles mentaux dont les comportements pouvant conduire au suicide” indiquait le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Nadine Nathalie Awanang Anoto en juin dernier au cours d’une allocution télévisée circonstancielle.
Avant de poursuivre : “Les faits ne sont pas lointains ou issus de rapports abstraits. Ils se déroulent sous nos yeux, dans nos rues, dans nos quartiers, dans nos maisons, dans nos familles et sont visibles sur les médias traditionnels et les plateformes numériques…En effet, la drogue s’infiltre dans nos villes et nos villages, brise des familles, détruit l’avenir de nos jeunes et alimente la criminalité”.
Face à cette menace, le Gouvernement de la République, avait brandi la fermeté pour protéger et sauver des vies. Mais une fermeté qui tarde toujours à porter des fruits escomptés.
Même s’il est vrai que des opérations d’envergure menées à Libreville, à Port-Gentil et aux frontières avec les pays voisins ont permis des saisies significatives de cocaïne, de cannabis, et de drogues de synthèse comme le « kobolo ».
Plusieurs réseaux de trafiquants ont été démantelés et leurs membres mis à la disposition de la justice. Mais la situation reste alarmante.
La répression seule ne suffit pas. Certes, c’est un pilier mais, elle doit être complétée par deux autres, tout aussi fondamentaux : la prévention et le traitement rappelait la même source gouvernementale.
Les campagnes de sensibilisation doivent s’intensifier avec des arguments qui touchent la sensibilité des jeunes, sur les plateformes qu’ils utilisent ;
Mettre en place des structures de prise en charge sanitaire accessibles à toutes les couches de la population en mettant l’humain au centre de toutes les actions ; Former davantage de psychologues, d’addictologues et de travailleurs sociaux ; pour endiguer ce fléau qui pollue l’avenir de la jeunesse Gabonaise.
Rufin Martial Oke Nze
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