Une personne en situation de handicap face à un ascenseur. Au ministère des Affaires sociales de Libreville, l’accès au dispositif depuis le rez-de-chaussée est devenu un parcours du combattant. Montage ParacletNews/IA
À Libreville, l’impossibilité pour les personnes en situation de handicap d’utiliser librement l’ascenseur du ministère des Affaires sociales suscite une vive indignation. Entre sentiment d’exclusion et accusations de mépris, les usagers réclament une égalité de traitement.
C’est un paradoxe qui passe mal au sein de la communauté des personnes vivant avec un handicap au Gabon. Depuis quelque temps, l’accès à l’ascenseur du ministère des Affaires sociales, situé au centre-ville de Libreville, leur est impossible depuis le rez-de-chaussée. Pour les principaux concernés, cette restriction s’apparente à une forme d’exclusion sociale et de stigmatisation.
Un accès restreint sous condition
Le dispositif actuel impose une logistique contraignante. Pour que l’ascenseur s’active vers les étages inférieurs, le signal doit impérativement être donné depuis le troisième étage, là où se trouve le cabinet du ministre.
« Le fait de ne pas pouvoir accéder directement à l’ascenseur nous dérange énormément », s’indigne Julien Nyaré, représentant des personnes handicapées. Selon lui, cette mesure cache des préjugés tenaces : « On nous considère tous comme des mendiants susceptibles d’aller quémander régulièrement des piécettes chez notre ministre de tutelle. »
Face à ce qu’il qualifie de barrière discriminatoire, le responsable associatif a formulé une proposition radicale à l’autorité publique. « J’ai proposé au ministre de ne plus convoquer nos réunions à son cabinet, où l’accès nous est désormais limité, mais de les délocaliser au centre social Benoît Messiany de Batavéa, à la COSYGA, bien qu’il n’y existe pas d’ascenseur », explique-t-il.
Un appel à la cohérence politique
Pour Julien Nyaré, infliger un tel traitement aux usagers au sein même du ministère chargé de l’inclusion constitue « du mépris notoire ». Il appelle le gouvernement de la cinquième République à rétablir un accès permanent et libre pour tous, afin de mettre en cohérence les actes avec les discours officiels.
« Ce n’est pas une cabale contre notre tutelle », précise-t-il d’emblée. « C’est tout simplement le constat alarmant d’une fermeture d’accès sous prétexte de nous empêcher de venir mendier au cabinet. » Les usagers demandent ainsi l’application des principes d’équité et de justice prônés par les nouvelles autorités.
Cette situation au cœur du ministère de tutelle appelle à une réaction rapide des autorités. Dans le cas contraire, le processus de l’« essor vers la félicité », né du coup de libération du 30 août 2023, risquerait de perdre tout son sens pour cette frange vulnérable de la population gabonaise.
Rufin Martial Oke Nze
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