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Mairie de Libreville : Pourquoi la démission de Joe Fred Madouta serait-il un non-sens juridique ?

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Joe Fred Madouta-Président du SYLAML

Une frange des membres du Syndicat Libre des agents de la Mairie de Libreville (Sylaml) réclame la démission de leur président, Joe Fred Madouta. Le motif invoqué ? Son élection récente en tant que délégué du personnel. Pourtant, cette contestation ne repose sur aucun fondement juridique solide. Elle va même à contre-courant des réalités de la Vème République.

Au contraire, les nouvelles dispositions légales renforcent sa position. Selon le projet d’ordonnance du 26 février 2026 fixant le régime des organisations professionnelles, seuls les syndiqués élus aux élections professionnelles sont désormais considérés comme des interlocuteurs crédibles face au gouvernement et à leurs hiérarchies respectives. Les urnes sont devenues le baromètre exclusif de la représentativité syndicale, mettant fin à l’époque des interlocuteurs autoproclamés et sans légitimité.

Ces délégués du personnel ont reçu un mandat clair de la base, comparable à celui des députés, sénateurs ou maires. Ce sont eux qui siégeront au futur Conseil National du Dialogue Social. À titre de comparaison, demanderait-on au leader d’un parti politique de démissionner sous prétexte qu’il a été élu député ou maire ? encore moins un leader syndical élu, conseiller membre au Conseil Economique et Social Environnemental et Culturel , Certainement pas. Une telle victoire électorale renforce sa crédibilité, tant sur le plan national qu’international.

Exiger la démission de Joe Fred Madouta reviendrait à le priver de son mandat au Conseil National du Dialogue Social. Le président du Sylamil reste donc légitimement à la tête de sa structure jusqu’aux prochaines élections professionnelles, prévues dans trois ans.

Le débat autour d’une prétendue incompatibilité entre les fonctions de délégué du personnel et de président de syndicat est un faux débat. Il s’apparente plutôt à une cabale déguisée. Sous la Vème République, la légitimité syndicale repose désormais sur les urnes, et non plus sur de simples déclarations d’existence.

Rufin Martial Oke Nze

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