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Contribution d’un notable du canton Como à l’occasion de la journée du drapeau

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« Pour la réappropriation de notre souveraineté culturelle et la protection de nos populations »

Gabonaises, Gabonais,

À l’approche de la célébration de la Journée du drapeau, symbole de notre unité et de notre souveraineté, permettez-moi de saluer le travail accompli par notre fils Nziengui Ntoutoume, alias « Chocolat des filles », dans le cadre de la réappropriation et de l’affirmation de notre souveraineté dans ce secteur hautement stratégique qu’est la culture.

Monsieur le Président, nous assistons, hier comme aujourd’hui et de plus belle, à la spoliation de nos parents par de soi-disant « hommes de culture » qui se confondent avec des « feymens », communément appelés dans notre pays « Nganga ».

Jour après jour, par des stratégies immondes, ils dépouillent nos pères et nos mères. Autour de nous, dans nos villages et nos quartiers, nous comptons déjà trop de victimes de ces bourreaux des temps modernes.

Comment comprendre que, dans notre pays, tout se fasse à l’excès : la prolifération des fameuses églises de réveil, la facilité avec laquelle on trouve dans nos quartiers et villages ces marabouts étrangers ?

Cette intrusion, observée avec acuité au cours des vingt dernières années, a été le socle de l’affaiblissement de nos valeurs culturelles et de nos références traditionnelles autochtones. Elle a ouvert la voie à des pratiques déviantes, inconnues sous nos cieux. Elle a même constitué un appel d’air ayant amplifié les flux migratoires vers le Gabon sur ce volet précis.

Le Gabon est devenu, à tort, le « pays de cocagne » de ces marabouts et de certains pasteurs. Cela ne saurait constituer un critère de développement.

À mon avis, nous devons d’abord soutenir ce brave jeune homme qui s’est approprié le concept de réappropriation lancé par le Gouvernement.

Ensuite, je sollicite une fermeté accrue du Gouvernement, qui doit impérativement et fortement encadrer ce secteur en :

  1. Procédant à la révision et à l’annulation de toutes les autorisations et/ou agréments octroyés à des ressortissants étrangers pour l’exercice des métiers de « tradipraticiens », « marabouts » et assimilés sur le territoire national.
  2. Réservant désormais l’exercice de ces pratiques, s’il y a lieu, aux seuls Gabonais d’origine dûment formés, identifiés et encadrés par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Culture. Interdire cette corporation et la renvoyer exercer chez elle ne saurait être considéré comme un acte xénophobe. Il s’agit, au contraire, d’un acte de souveraineté et d’assainissement de notre environnement social, pollué par des compatriotes complices de petite facture et de petite vertu.

Saisissons-nous véritablement de ce combat pour une réelle réappropriation de notre pays, de notre culture et pour la protection de nos parents les plus vulnérables.

Chers compatriotes, la problématique posée ici est celle de la mise en valeur de notre identité culturelle plurielle nationale, aussi dense que variée, avec la soixantaine d’ethnies qui constituent notre pays. Cette diversité est notre force. Elle est notre bouclier. Notre hospitalité n’offre aucun droit à une extension incontrôlée de cultures allochtones, assujetties à des logiques environnementales et humaines différentes des nôtres. À défaut d’encadrement, nous prenons le risque d’assister à l’extinction, à la désagrégation et à la vampirisation dramatique de nos traditions autochtones, comme ce fut le cas durant la colonisation.

Protéger notre culture, ce n’est pas rejeter l’autre. C’est d’abord s’assurer que le Gabonais ne disparaisse pas chez lui. C’est garantir que nos Nganga, nos rites, nos langues et nos contes soient transmis, encadrés et valorisés par des Gabonais, pour des Gabonais.

C’est aussi cela, défendre notre Drapeau : protéger le Gabon et les Gabonais.

Par anticipation, je vous souhaite une bonne fête du Drapeau.

Alain Batsielilit
Notable du Canton Como

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