Rev.Basile Nguema Allogo, Secrétaire Général de l’EEG, lors du culte d’ouverture à Okala.
Vingt-quatre heures après les assises de la Pastorale à la paroisse d’Okala, au nord de Libreville, les délégués de l’Église évangélique du Gabon (EEG) ont entamé, hier, les travaux du Synode national. Ce rendez-vous institutionnel majeur, marqué par le renouvellement des instances dirigeantes au terme du mandat en cours, s’est ouvert par un culte solennel à forte portée symbolique.
L’événement revêt une dimension sous-régionale et œcuménique notable. Outre les délégations issues des différentes régions synodales du Gabon, l’assemblée compte des représentants venus du Cameroun, du Congo et du Bénin, ainsi que des envoyés de la Communauté d’Églises en mission (Ceva) et de la Conférence des Églises de toute l’Afrique (Ceta). Des observateurs d’autres confessions religieuses locales complètent ce tableau. L’enjeu des premières séances a consisté à fixer le cap spirituel de ces assises, dont le report initial avait trahi l’existence de vives tensions internes.
Un cadrage doctrinal face aux dérives individuelles
C’est précisément pour conjurer ces blocages que le thème du culte d’ouverture a résonné comme un rappel à l’ordre : faire de ce conclave « un Synode de vérité ; un Synode de paix, un Synode de vie ». En charge de l’homélie, le révérend Basile Nguema Allogo, secrétaire général de l’EEG, s’est appuyé sur les textes de Luc (9:10-17) et de 1 Corinthiens (11:23-26). À travers la symbolique du « partage du pain », le prélat a souligné l’urgence pour les fidèles de retrouver une convergence de vue.
Le secrétaire général a articulé son propos autour d’une critique sociologique des dynamiques de pouvoir. Il a ainsi opposé deux trajectoires morales. La première, qualifiée de matérialiste, regroupe les individus mus par l’ambition, la quête de privilèges et la domination, résumée par la formule du « tout pour eux, rien pour les autres ». Selon l’officiant, cette quête exclusive des honneurs conduit inévitablement au mensonge et à la négation du message christique.
À l’inverse, la seconde catégorie incarne, selon lui, le modèle ecclésial à suivre : des croyants attachés aux valeurs de l’Évangile, imperméables aux compromissions politiques ou matérielles, et soucieux de maintenir une relation verticale avec Dieu doublée d’une harmonie avec le prochain. Rappelant le miracle de la multiplication des pains pour 5 000 hommes sans distinction, le révérend Nguema Allogo a exhorté les participants à se muer en « distributeurs de vérité ».
Sortir de la crise : le réquisitoire du président sortant
Poursuivant son allocution, le haut dignitaire a invité l’assistance à devenir des vecteurs de paix et de vie, insistant sur le fait que la stabilité institutionnelle dépend de la transparence des comportements. Il a pointé du doigt les dérives d’une partie des fidèles dont le désir d’accaparer les responsabilités conduit à occulter les fondements de la foi, appelant à éradiquer les clivages et la haine pour restaurer la cohésion sociale.
Le point d’orgue de cette ouverture a été l’intervention concise mais particulièrement franche du président sortant de l’EEG, élu en juillet 2022: Louis Sylvain Allogo Engo. Dressant le bilan d’un mandat de quatre ans loin d’être « un long fleuve tranquille », ce dernier a confié la lourdeur de sa charge en déclarant n’avoir « pas dormi une seule nuit ».
Le nouveau Président de l’EEG qui sera élu au terme des travaux proviendra de la Région Synodale du Ntem à Bitam au nord du Gabon.
Rufin Martial Oke Nze
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