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Libreville : Menacé d’expulsion au carrefour Ayong-Rails, un couple gabonais crie au scandale judiciaire et interpelle le Chef de l’État

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Maguy Assou Ello devant la presse au Carrefour Ayong-Rails-PK12 (Libreville), le samedi 08 Août 2026.

Installés depuis 2001 au Carrefour Ayong-Rails, Maguy Assou Ello et son époux font face à une ordonnance d’expulsion imminente de leur concession. Dénonçant des dérives institutionnelles, des falsifications de titres et un déni de justice, le couple s’est exprimé devant les médias le samedi 8 août 2026 pour solliciter l’arbitrage direct du Président de la République.

C’est un énième conflit foncier qui met en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire gabonais. Réunie devant la presse nationale au Carrefour Ayong-Rails, Maguy Assou Ello a brisé le silence pour exposer le calvaire que traverse sa famille. Menacé de voir détruire le fruit de 25 ans d’investissements, le couple pointe du doigt des complicités administratives et une instrumentalisation des récentes réformes foncières.

Un investissement d’une vie menacée d’anéantissement

L’affaire prend racine en 2001, date à laquelle le couple s’établit sur cette concession d’Ayong-Rails. Aujourd’hui entièrement clôturée par une barrière de 3 mètres de haut, la parcelle abrite des bâtisses en matériaux durables estimées à plus de 100 millions de francs CFA.

Le cauchemar commence en 2023. Une citoyenne, Dame Biveghe Biye Nicole, leur fait signifier par huissier un titre de propriété dont le couple conteste vigoureusement la validité, assorti d’une sommation de quitter les lieux avant démolition.

Une bataille judiciaire aux multiples zones d’ombre

Face à ce qu’il qualifie de titre suspect, le couple saisit le Tribunal Administratif pour en demander l’annulation. Mais la procédure s’enclenche dans un imbroglio juridique flagrant :

  • Référés abusifs : En violation de l’article 119 du Code de procédure civile, la partie adverse a saisi le juge des référés civils alors qu’une action sur le fond était en cours.
  • Opacité administrative : Depuis trois ans, le Tribunal Administratif reste incapable de fournir les documents cadastraux et topographiques ayant prétendument servi à l’établissement du titre contesté.
  • Preuve par le terrain : Un transport sur les lieux effectué par le juge administratif a pourtant confirmé l’inexistence totale de bornes cadastrales sur le terrain.

Plus surprenant encore, l’Agence Judiciaire de l’État (AJE), via sa représentante Mme Diane Moussounda, a pris fait et cause pour l’adversaire du couple, transformant ce litige privé en une confrontation directe entre le couple et l’État gabonais s’est indignée Maguy Assou Ello devant la presse.

Le coup de massue de la Cour d’Appel Commerciale

Le point culminant de cette affaire est survenu le 15 avril 2026. Alors qu’elle avait initialement été déboutée par le juge des référés civils, la demanderesse a obtenu un arrêt d’expulsion par défaut auprès de la Cour d’Appel Commerciale de Libreville. Une décision qui soulève de profondes interrogations sur la compétence d’un tribunal commercial à trancher un litige foncier civil aussi complexe.

Maguy Assou Ello a également partagé le récit de sa démarche du 7 août 2026 auprès du greffe civil pour obtenir des clarifications. Elle s’est vue rétorquer par une greffière des propos particulièrement polémiques, rejetant la faute sur le Président de la République qui aurait « ouvert la boîte de Pandore en détruisant les maisons des Gabonais sans expertise ni indemnisation ».

Un appel solennel à la restauration de la justice

Pour le couple, les tribunaux font une interprétation biaisée et un détournement manifeste de l’ordonnance n°006/PR/2026 du 26 février 2026 (ratifiée fin juin 2026) portant refonte du régime de la propriété foncière au Gabon.

« Dans un État de droit, le tribunal doit-il protéger l’illégalité ? Le but de la justice est-il de pousser les populations à la révolte ? », s’est interrogée Maguy Assou Ello devant les micros. Face à l’imminence de l’expulsion et de la démolition de leur maison, le couple s’en remet désormais au Président de la République, Chef de l’État et Garant des Institutions. Il l’exhorte à intervenir d’urgence pour restaurer l’ordre au sein des tribunaux et protéger les citoyens contre ce qu’il qualifie de spoliation programmée.

Rufin Martial Oke Nze

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