À Libreville, de nombreux usagers font face à des suspensions soudaines et inexpliquées de leurs comptes WhatsApp, accentuant l’inquiétude générale.
Plusieurs utilisateurs de l’application WhatsApp à Libreville affirment être victimes d’un piratage à grande échelle de leurs comptes depuis quelques semaines.
Face à ce phénomène grandissant, le silence des autorités compétentes et des opérateurs de téléphonie mobile accentue l’inquiétude des populations.
Des blocages soudains et inexpliqués
Le mode opératoire interpelle. De nombreux usagers se retrouvent subitement déconnectés de leur application, sans motif apparent. C’est le cas de cette victime qui a accepté de témoigner sous le couvert de l’anonymat :
« Depuis deux mois, mon compte WhatsApp lié à mon numéro Airtel a été bloqué brutalement. Je me suis rendu en agence pour comprendre. L’agent au guichet m’a simplement répondu que sa société n’était pas compétente pour ce genre d’incidents. Il m’a conseillé de me tourner vers les réparateurs de la Gare-Routière de Libreville. »
Sur place, les techniciens de fortune évoquent une panne mondiale liée à l’utilisation abusive des réseaux privés virtuels (VPN). Pourtant, l’achat d’une nouvelle carte SIM ne résout pas le problème : après quelques jours d’utilisation, le nouveau numéro est lui aussi banni par l’application.
Usurpation d’identité et opacité des opérateurs
Un autre témoignage client met en lumière une possible usurpation d’identité à des fins criminelles. Un Gabonais, en séjour au Cameroun, a vu ses deux comptes WhatsApp désactivés simultanément sur deux téléphones distincts. En demandant à un proche de vérifier ses profils, il a découvert que ses photos avaient été remplacées par celle d’une inconnue d’origine asiatique.
Si les services clients locaux tentent de lier ces pannes à des régulations étatiques — comme les campagnes de dédouanement des téléphones mobiles au Cameroun —, de nombreux internautes gabonais y voient une conséquence indirecte des récentes restrictions d’accès aux réseaux sociaux dans le pays.
L’appel à une communication officielle
Qu’il s’agisse d’une cyberattaque d’envergure, d’un durcissement des règles de sécurité de Meta (maison-mère de WhatsApp) ou des effets collatéraux des restrictions locales, le manque d’informations officielles s’avère anxiogène pour les usagers.
Pour mettre un terme aux rumeurs, les autorités en charge de la transition numérique et de la cybersécurité sont attendues au créneau. L’objectif : éclairer l’opinion publique sur l’origine exacte de ces blocages et formuler des recommandations claires pour sécuriser les données des citoyens.
Rufin Martial Oke Nze
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