Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de l’annonce du paiement des primes de vacations des enseignants et des bourses du secondaire, le 23 mars 2026 au Palais présidentiel. (Archives / Com. Présidentielle)
L’Ambassadeur du Gabon en France, Alfred Nguia Banda, est sous la menace d’une expulsion de son logement à Paris pour un impayé de 6 millions 400.000 FCFA.Cette situation critique remet en lumière la gestion financière des représentations diplomatiques gabonaises à l’étranger, alors même que les agents du ministère des Affaires étrangères cumulent plusieurs trimestres d’arriérés de primes.
Un diplomate menacé d’expulsion à Paris
Selon des sources judiciaires à Paris, la procédure lancée par le bailleur de l’ambassadeur est arrivée à échéance le 26 août dernier. Pour une somme de 6 millions 400.000 francs CFA, jugée dérisoire à l’échelle d’un État, le Gabon se retrouve sous le feu des projecteurs pour de mauvaises raisons.
Ce scandale locatif s’ajoute à une crise interne profonde au sein du ministère des Affaires étrangères. À ce jour, les agents réclament près de 16 trimestres d’arriérés de la Prime de Servitude Diplomatique (PSD), une dette estimée à près de 5 milliards de francs CFA (à raison de 300 millions francs CFA par trimestre). Malgré le versement d’une demi-prime à la veille de la fête du travail, le compte n’y est pas, et le ministère peine à honorer ses charges courantes.
Le spectre des pratiques de l’ancien régime
Cette situation suscite l’incompréhension générale. Comment un pays disposant de telles ressources financières peut-il laisser son image internationale se détériorer à ce point ? Ce manque d’anticipation rappelle les difficultés récurrentes des étudiants gabonais boursiers à l’étranger, eux aussi régulièrement menacés d’expulsion pour des retards de paiement.
Face à ces dysfonctionnements, une question persiste : pourquoi les nouvelles autorités de la Vème République reconduisent-elles les pratiques tant décriées sous l’ère Ali Bongo ? Ce sont pourtant ces dérives de gouvernance qui avaient en partie motivé la chute de l’ancien régime le 30 août 2023.
Un appel à la fermeté du Président Brice Clotaire Oligui Nguema
À l’ère de la Vème République, l’opinion publique attend des actes forts. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema se doit de taper du poing sur la table pour rappeler à l’ordre les responsables de la chaîne de décaissement des fonds publics. Sans une réaction ferme, le nouveau pouvoir risque d’être perçu comme complice de ces humiliations d’un autre âge par la population.
Fort heureusement, le diplomate visé, adepte de la résilience et de la philosophie de Jean Jaurès, prend son mal en patience. Il en va désormais de la crédibilité internationale du Gabon : les autorités doivent impérativement intégrer la culture de l’anticipation et de la responsabilité financière, sous peine de voir la Vème République fragilisée par ses propres lourdeurs administratives.
Rufin Martial Oke Nze
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