Assemblée Générale des syndicats de l’éducation Nationale à l’école publique Martine Oulabou de Libreville ( archives).
Ce mardi 28 avril marquera une date historique pour le monde du travail au Gabon. Pour la première fois, les travailleurs des secteurs public et privé se rendent aux urnes sur toute l’étendue du territoire national pour des élections professionnelles sans précédent. Un scrutin décisif qui ambitionne de mettre fin à des décennies de cacophonie syndicale.
En finir avec « l’anarchie » des représentations
Depuis trop longtemps, le paysage syndical gabonais ressemble à un labyrinthe où la légitimité est souvent diluée par une prolifération de structures. Le secteur de l’Éducation nationale en est l’exemple le plus frappant : avec plus d’une quarantaine d’organisations se réclamant toutes de la base, le dialogue avec l’État était devenu une mission impossible.
Cette dispersion, qualifiée par beaucoup d’anarchique, a souvent profité au statu quo plutôt qu’aux travailleurs. En organisant ce scrutin, les nouvelles autorités de la Transition entendent « nettoyer les écuries d’Augias ». L’enjeu est clair : identifier, par la voie des urnes, les organisations réellement représentatives afin de restaurer la crédibilité du mouvement syndical.
Un impératif de gouvernance : avoir des interlocuteurs crédibles
Pour le gouvernement, l’objectif ne se limite pas à une simple comptabilité des voix. Il s’agit de bâtir un partenariat social solide. En période de crise comme en temps de paix sociale, l’État a besoin d’interlocuteurs dont la parole engage réellement les travailleurs.
Ces élections visent à :
- Rationaliser le dialogue : Réduire le nombre de sièges à la table des négociations pour plus d’efficacité.
- Légitimer les revendications : S’assurer que les plateformes de revendications portées devant l’exécutif émanent de la majorité.
- Moderniser les relations sociales : Passer d’une culture d’affrontement systématique à une culture de négociation constructive basée sur des chiffres réels.
Vers un véritable Conseil National du Dialogue Social
Le but ultime de cette opération de transparence est la mise en place d’un Conseil National du Dialogue Social (CNDS) rénové. Cette instance devra servir de boussole pour l’amélioration constante des conditions de vie et de travail des Gabonais.
Toutefois, la réussite de ce « tournant décisif » repose sur deux piliers : la transparence totale des opérations électorales et la sérénité des acteurs après l’annonce des résultats. Si ces conditions sont réunies, le Gabon disposera enfin d’un levier puissant pour stabiliser son climat social et booster sa productivité.
Ce mardi 28 avril, ce n’est pas seulement un vote pour un sigle syndical, c’est un vote pour la fin d’un système à bout de souffle et l’avènement d’une ère de responsabilité partagée.
Rufin Martial Oke Nze
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