La question vaut son pesant d’or au lendemain du déplacement en Espagne, notamment à Barcelone, du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon certaines indiscrétions, ce voyage présidentiel privé, effectué à l’occasion du Clasico Barça – Real de Madrid le samedi 24 octobre dernier, visait à négocier la promotion de la « destination Gabon » sur les maillots du Barça, l’un des plus grands clubs de football espagnol et mondial. Une offensive touristique qui se déploie alors même que les coins et recoins des principales villes du Gabon sont envahis par des malades mentaux en haillons, voire intégralement nus.
Dans ce contexte, devrait-on prioriser la vente de l’image du pays à l’extérieur — en contrepartie de sommes d’argent faramineuses — alors qu’une partie de ses fils continue de dormir à la belle étoile ? Malgré le changement de régime survenu il y a plus de trois ans, ces derniers bravent toutes sortes d’intempéries, au vu et au su des autorités de la Vème République.
Pourquoi le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’effectue-t-il pas des visites inopinées au centre psychiatrique de Melen pour mieux s’imprégner des conditions de vie des pensionnaires et de travail du personnel ?
On se souviendra qu’une batterie de mesures avait été prise il y a quelques semaines pour une meilleure prise en charge de cette catégorie sociale. Elles s’accompagnaient de la mise en place d’un numéro vert destiné à retirer tous les malades mentaux des rues de Libreville et de l’intérieur du pays. Malheureusement, sur le terrain, la situation n’a pas bougé d’un iota. Au contraire, elle s’est dégradée. Pour preuve, en passant ce mardi 27 octobre = Libreville sur l’axe carrefour Rénovation – Marché d’Oloumi, entre 12h00 et 12h30, notre reporter a pu dénombrer sept malades mentaux (certains couchés à même le sol, d’autres errants), au grand dam des passants, notamment des élèves et des tout-petits.
Cette absence de prise en charge des malades mentaux par les nouvelles autorités interroge. Pourquoi prioriser un contrat négocié en sourdine à coup de milliards de francs CFA, alors que la majorité des malades mentaux dorment aujourd’hui à la belle étoile ?
L’essor vers la félicité a-t-il foutu le camp sous la Vème République, ou bien ne concerne-t-il qu’une frange de Gabonais économiquement aisés ou proches du pouvoir ?
La réponse est attendue de la part des nouvelles autorités.
Rufin Martial Oke Nze
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